L’hiver, chez nous, n’a rien d’une pause. On pourrait croire que la ferme tourne au ralenti, que les journées se font plus calmes… mais ce serait mal connaître notre quotidien. La fin de la vente directe, en décembre, marque surtout un changement de rythme. On travaille différemment, un peu moins intensément peut-être, mais jamais vraiment moins. Cette période est indispensable pour préparer la saison suivante, pour tenir sur la durée.
Dès novembre, la distillation reprend, sept jours sur sept. En parallèle, toute l’équipe est sur le terrain. On taille, on tire les bois, on attache dans les vignes, tout en lançant les premières plantations maraîchères. C’est une autre forme d’activité, plus discrète, mais tout aussi essentielle.
L’hiver, c’est aussi le moment de faire tout ce qu’on n’a pas le temps de faire le reste de l’année. Réparer, entretenir, repenser les espaces, améliorer l’existant. Cette année, nous avons eu la chance d’être accompagnés par Jean-Claude. Un peu notre homme à tout faire. Électricité, menuiserie, maçonnerie, maintenance… grâce à lui, on a pu aller plus loin que d’habitude.
Le magasin a notamment bien évolué. La partie la plus profonde a été habillée de bois, l’électricité entièrement revue pour gagner en clarté, et les comptoirs refaits. Au final, on a gagné de la place, mais surtout en lisibilité. Les produits sont mieux mis en valeur, notamment l’épicerie.
On vous laisse découvrir ça par vous-même… on garde encore un peu de surprise.
Le mois de février ne nous a pas épargnés cette année. Comme beaucoup de Charentais, nous avons vu tomber la pluie, encore et encore.
On a bien sûr pensé à tous ceux qui vivent près des cours d’eau, en espérant que les dégâts ont été limités.
De notre côté, l’eau a stagné dans les parcelles. Rien de dramatique pour les bâtiments, mais des conditions de travail compliquées. Quand les sols sont gorgés d’eau, impossible d’y entrer en tracteur. Le risque d’enlisement est réel, mais surtout, cela dégrade durablement la structure du sol.
Alors on s’adapte. On avance autrement. Les travaux manuels prennent le relais : la taille, le tirage des bois, l’attachage dans les vignes. En parallèle, on poursuit les plantations de fraises et les premières cultures maraîchères.
Mais la pluie n’est pas venue seule. Elle s’est accompagnée d’un ciel gris, très gris. Et ce manque de lumière a eu un impact direct, notamment sur les fraisiers. Malgré des températures plutôt douces, leur croissance est restée timide.
Heureusement, mars a changé la donne. Les températures sont montées, le soleil est revenu, et avec lui une vraie reprise végétative. Le retard s’est peu à peu comblé.
On peut le dire aujourd’hui : il y aura bien des fraises en avril.

Cette année 2026 marque un vrai tournant dans le développement de l’exploitation.
Depuis plusieurs mois, un chantier attire forcément l’œil : la construction d’une serre en verre équipée de panneaux photovoltaïques. C’est un outil majeur pour nous. Elle va nous permettre de mieux gérer les excès climatiques, notamment les fortes chaleurs estivales, mais aussi de récupérer l’eau de pluie pour l’irrigation et de limiter ainsi notre impact sur la ressource.
C’est aussi un confort de travail. Pouvoir cultiver à l’abri du vent, sécuriser les structures, envisager de nouvelles cultures… autant de possibilités qui s’ouvrent.
Le montage du projet est un peu particulier : la structure appartient à un investisseur qui exploite la production photovoltaïque pendant quarante ans, tandis que nous utilisons l’espace pour cultiver. De notre côté, cela implique tout de même des investissements importants pour équiper la serre.
La construction se termine en ce mois de mars 2026. Le raccordement électrique est prévu pour juin. Les premières cultures n’arriveront pas tout de suite. Il faudra d’abord préparer le sol en profondeur, avec du compost, du broyat et un couvert végétal. Si tout se passe comme prévu, les premiers légumes sortiront à l’automne.
À côté de cela, les ombrières photovoltaïques seront terminées en avril. Elles accueilleront à terme un verger diversifié. Nous sommes en train de choisir les variétés, les porte-greffes, d’imaginer les associations. Les plantations auront lieu au printemps 2027. Il faudra ensuite un peu de patience, mais les premières récoltes devraient arriver autour de 2029.
Enfin, cet hiver a aussi été marqué par un travail plus discret mais tout aussi important : la plantation de près de 800 mètres de haies. Des essences locales, choisies pour leur adaptation et leur rôle écologique. Ces haies viendront protéger les nouvelles structures du vent, mais aussi favoriser la biodiversité sur l’exploitation. Nous avons été accompagnés pour cela par l’association Prom’haie, dans le cadre du programme « 1000 palisses ».


Avec les aménagements réalisés cet hiver, le magasin change de visage. L’espace est plus fluide, plus lisible, et cela nous permet surtout de vous proposer davantage de produits.
Cette année, vous trouverez notamment des fromages de brebis du Nord Charente. Côté viande, le bœuf fera son entrée de manière régulière dans les vitrines.
Nous avons choisi de poursuivre notre collaboration avec la maison Tiphonnet, boucherie-charcuterie basée à Rouillac. Pour le porc, ils travaillent avec un élevage situé à une quinzaine de kilomètres, sur paille. Pour le bœuf, ils s’appuient sur trois éleveurs en viande bovine française, exclusivement en race limousine.
Nous avons pris le temps d’aller rencontrer l’un d’eux, Éric, à Saint-Sornin. Une belle découverte. Des prairies à perte de vue, des paysages vallonnés, presque un air de vacances… et pourtant à moins d’une heure du Logis. Éric élève ses vaches depuis près de quarante ans, en pâturage toute l’année, en produisant lui-même leur alimentation complémentaire. Une cohérence qui fait sens pour nous.
Côté rendez-vous, vous retrouverez cette saison le poissonnier tous les vendredis et samedis matin devant le magasin. Et le samedi, Matilda sera également présente avec ses pains au levain, cuits au feu de bois.

Au-delà de la production, nous avons aussi envie de faire vivre le lieu, de créer du lien, de proposer autre chose.
Nous travaillons actuellement avec la Fédération départementale de cyclisme sur un projet touristique. L’idée est de proposer, depuis le Logis, des locations de vélos mais aussi des parcours accompagnés. Des balades qui permettront de découvrir le territoire autrement, avec des arrêts chez des producteurs locaux pour déguster et échanger. Le projet est en cours de construction, mais il devrait voir le jour prochainement.
Dans le même esprit, nous avons renforcé les liens avec nos voisins producteurs. Vous connaissez sûrement Ophélie, de « La Bulle de Chèvre ». Ensemble, nous avons créé une association : La Chèvre et le Chou.
L’objectif est simple : imaginer et organiser des événements sur nos fermes, pour promouvoir le bien manger, faire découvrir nos métiers, et animer le territoire rural. Ce cadre nous permet aussi de mutualiser du matériel et de nous appuyer sur des bénévoles fidèles.
La saison 2026 s’annonce déjà bien remplie. Nous organiserons, comme chaque année, une grande soirée festive et familiale le samedi 25 juillet, en partenariat avec l’ALPR. Cette fois, ce sont les Balluchons qui mettront l’ambiance.
D’autres rendez-vous viendront rythmer l’année, notamment des apéros fermiers, organisés au Logis ou chez La Bulle de Chèvre, ainsi qu’un marché de Noël qui se tiendra cet hiver chez Ophélie.
Après cet hiver dense, parfois contraint par la météo mais riche en avancées, nous abordons cette nouvelle saison avec envie.
De nouveaux outils, de nouveaux produits, de nouveaux projets… mais toujours la même volonté : produire, partager, et faire vivre ce lieu avec vous.
On a hâte de vous retrouver au Logis. 🌱
D’avril à fin septembre : ouvert du lundi au vendredi (9h-12h30/14h30-18h45) et le samedi : (9h-12h30/14h30-18h00) + dimanche matin au marché de sainte sévère.
Octobre et novembre: ouvert le vendredi (9h-12h30/14h30-18h45) et samedi matin (9h-12h30). Pas de marché à cette période.